D’aventures en Aventures

Champagne La Ferraudière : un champagne aux racines profondes

Depuis deux ans le Clos des Colombes importe du champagne, mais pas n’importe quel champagne le champagne La Ferraudière.

En fait pour ceux qui ne nous ne connaissent pas encore, je vais essayer de vous expliquer l’histoire de ce champagne.

Je suis la 12ème ou 13ème génération de vignerons établie en Champagne plus exactement sur le village d’Ambonnay.

En 2014, j’ai crée ma marque de champagne pour perpétuer la tradition familiale et rendre hommage à mes ancêtres. Et même, si je ne participe ni au travail de mes vignes ni à l’élaboration du champagne, je peux vous dire que les clients roumains et français qui l’ont goûté sont vraiment enchantés et en redemandent. Vous pensez bien qu’avec la réputation des vins du Clos je ne pouvais pas me permettre de vendre un champagne qui n’aurait pas été à la hauteur des espérances de mes clients exigeants.

Un peu de généalogie, mais pas trop, permettra de mieux comprendre mon lien très fort tant avec la champagne qu’avec la Roumanie.

Vous en connaissez déjà une partie, je suis 25% roumaine du côté de mon père et donc champenoise du côté de ma mère.

Certains documents attestent du reste l’achat de propriétés et vignobles par mes ancêtres sur Ambonnay dès la fin du 18ème siècle.

Ma grand-mère était d’Ambonnay –famille de viticulteurs-, mon grand père d’Epernay –famille de négoce de vins de champagne-ensemble ils ont constitué le domaine Millot, producteur de champagne.

Je pense que, déjà avant, quelques ancêtres faisaient du champagne comme en atteste le menu ci-dessous, mais certainement pas à une grande échelle.

En effet, avant, les vignerons produisaient essentiellement des raisins qui étaient vendus au négoce. Ceci est une autre histoire et on en reparlera, promis.

Je vous mets quelques photos, traces de notre appartenance à ce petit, mais très reconnu, terroir de champagne.

Ambonnay, une commune Grand cru, une des 17 sur plus de 319 autorisées à produire du champagne sur leurs terres, mon village, est situé au coeur de la Montagne de Reims –montagne de plus de 250 mètres de hauteur, ça compte, non ? Pour faire du ski certes non, mais pour le terroir oui- dans ce qu’on nomme le triangle d’or.

Le roi Henri III aurait même donné à Ambonnay l’autorisation de faire une foire annuelle vers la fin du 16eme siècle, concept qui fut repris pendant quelques années dans le milieu des années 70 par la « Foire tournante des vins de Champagne », qui, malgré son énorme succès, a malheureusement aussi rapidement disparu qu’elle avait été remise en place. Dommage c’était quelque chose de nouveau et un superbe produit de marketing qui fut repris ailleurs et maintenu, mais pas chez nous. Peut être que si les bulles d’Angleterre, d’Italie et d’ailleurs continuent à faire de l’ombre aux « champagnes de vignerons », alors le principe d’une foire tournante se réveillera t-il de ses cendres ?

Moins de 1000 habitants –population constante, les recensements de 1793 à nos jours montrent très peu de variations-, quelques monuments historiques et des vignes dont les raisins sont, toujours et après plusieurs siècles, très convoités par les grandes maisons de champagne.

La célèbre marque Krug y a créé un clos et élabore, depuis le milieu des années 90, un champagne à base 100% pinot noir. Très, très chère bouteille car très, très rare –environ 2500 euros la bouteille Krug Clos Ambonnay 1998 ou 2000-… Jamais eu la chance de goûter mais je pense que cela doit être délicieux…

Quand je pense que leur « Clos » a été planté sur le terrain des sœurs de Saint Vincent de Paul, endroit où, enfants, nous avions le droit de pénétrer, sans parler de la fête du village en septembre quand le parc de ce « couvent » était un lieu très apprécié et superbe. Souvenirs, souvenirs…

C’est très important, car ma région est réputée pour son pinot noir, mais pas que.  J’ai entendu dire dernièrement que notre chardonnay était aussi très recherché. Ce qui me semble étrange… Je vais creuser cette information et je vous tiens au courant si cela devait se confirmer ou pas.

Donc le champagne La Ferraudière est constitué majoritairement de pinot noir -75%- le reste en chardonnay. Un jour je vous expliquerai comment nous faisons du champagne.

J’ai souhaité me donner la possibilité de transmettre à mon fils -et à ses enfants-ma partie roumaine en créant le clos sans pour autant oublier la partie française, la champagne.

C’est uniquement pour cela que j’ai créé ma marque en me disant que, au mieux j’aurais des ventes, au pire que je vendrais quelques bouteilles au restaurant.

En effet quelques bouteilles par an me permettraient de maintenir le lien avec ma région de naissance. Et je vous assure que jamais je n’aurais imaginé que le champagne La Ferraudière aurait un tel succès. Je suis comblée…

J’en parle de temps en temps avec des importateurs de champagne et ils me disent tous que les roumains commencent à apprécier le champagne de petits producteurs après avoir apprécié celui des grandes marques. Et même si la consommation est encore faible, elle est en constante progression.

On pourrait peut être croire que c’est la faute à la montée en puissance des prosecco, je ne critique pas le prosecco, car, comme pour le champagne, il y a un peu de tout, du bon, même du très bon, et puis il y a du mauvais qui juste mousse ou seulement fait des bulles… La faute à l’agrandissement de terres qui ne peuvent fournir des raisins de qualité identique à ceux des anciens terrains ? Vaste débat que celui du terroir. Je pense au contraire que le prosecco permet de commencer à découvrir le charme des bulles et donnent ensuite envie d’en découvrir plus.

Il y a et qu’il y aura toujours de la place pour les bons vins effervescents de Champagne, les effervescents d’Angleterre –réchauffement climatique oblige la nouvelle terre des bulles- ou d’ailleurs.

Ce n’est pas un post de marketing, comme je vous ai dit je n’ai pas assez de bouteilles pour satisfaire mes clients, c’est un post d’hommage et de remerciement à mes ancêtres et c’est un post de transmission à mes héritiers et pour vous, mes lecteurs fidèles, d’appropriation d’un champagne et de son histoire…

Du reste les étiquettes ci-dessous de ma famille prouvent notre attachement.

PS une petite voix me glisse que j’ai oublié de vous le décrire. C’est difficile, je suis presque née avec… Oui chez nous les bébés, après le baptême religieux, ont le droit au baptême champenois : recevoir une goutte –oui une seule goutte- sur les lèvres pour confirmer leur appartenance à la communauté des champenois –les grimaces, ou non, des bébés sont largement commentées par l’assemblée lors de cet événement essentiel-. Donc je préfère laisser la parole à mes clients: « odeur du pain de ma mère en fermentation »,  « cozonac », « brioche », « fruits mûrs ».

En fait il s’agit plutôt d’un vin que d’un champagne, la majorité de pinot noir en effet lui permet d’être le compagnon parfait du début à la fin d’un repas, romantique ou pas. A vous de choisir.

Avec un foie gras, du caviar pour les fêtes de fin d’année, ou plus simplement un suprême de poulet avec des champignons et une sauce au champagne, un filet de dorade ou un loup de mer et une sauce au beurre aux algues et en dessert avec un feuilletage à la crème de vanille Bourbon, un baba au rhum ou une crème brûlée à la fève tonka par exemple.

Et vous qui le connaissez déjà donnez votre avis…

 

 

 

 

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