D’aventures en Aventures

Il était une fois… Rien… ou si peu, des ruines

Je sais que beaucoup d’entre vous souhaitent en savoir un peu plus sur moi. Je suis vue, en effet, comme une espèce d’Ovni atterrie “par hasard” au milieu d’un champ à quelques kilomètres d’Olimp, -pour les non roumains je suis installée en bord de la mer Noire, tout prés du port de Constanta-.

A l’origine des vins du clos : un rêve un peu fou. Je voulais venir sur la terre de mes ancêtres. Je suis en effet roumaine à 25%, mais je n’ai jamais été élevée, ou si peu, dans l’esprit d’appartenance à notre peuple. Entre temps, je me suis rattrapée et me sens autant roumaine que française, et surtout européenne.

J’ai souvent préparé-et dans ma tête et en réel- des voyages en Roumanie, jamais aboutis. Je crois même qu’un jour je vous raconterai ce qui aurait dû être mon premier voyage. Ma vie -femme active, maman- en a décidé autrement et c’est seulement il y a un peu plus de 15 ans que j’ai pu concrétiser mon rêve : venir enfin en Roumanie, chercher un terrain, y planter des vignes et faire du vin, avec mes petits moyens, mes petits bras et une équipe.

Donc ma toute, toute première fois c’était en 2001, j’ai fait un grand tour de notre beau pays, j’ai vu Bucuresti, Brasov, Les Maramures, les montagnes, j’ai vu des paysages grandioses, des travaux aux champs d’un autre âge, je suis retombée en enfance devant les maisons et les énormes bottes de foin si bien arrangés par la main de l’homme, des caruta partout –on ne traduit pas caruta, mais bon des charrettes-, des chevaux et surtout des ânes pour les faire avancer, des ruisseaux aux eaux translucides pour se rafraichir, des églises, des monastères splendides propices au recueillement et à la prière, des gens chaleureux, des filles superbes, des femmes encore jeunes avec leur foulard sur la tète, des bergers avec leur peau de mouton sur le dos, des poules qui se promènent seules dans les rues… Des tracteurs dignes des musées ruraux français. J’ai beaucoup mangé et bu un peu d’Eau de Roumanie.

Je me suis promenée dans Bucuresti autour de notre Arc de Triomphe au mois d’août par une température de 46 degrés et j’ai attendu plus de 30 minutes avant de voir un passant, une voiture, un taxi… La ville vivait au ralenti sous la torpeur. Après un court concert dans la minuscule et absolument magnifique Biserica Stavropoleos dans le vieux centre, j’ai passé une très belle soirée à Carul cu Bere –incontournable endroit pour étrangers mais pas que- mon esprit s’est envolé vers une autre époque, le décor, les violons et je valsais au bras d’un superbe cavalier en uniforme… C’était la veille de Ma Rencontre et je crois que cette soirée romantique avait, quelque part, préparé le terrain pour que mon cœur s’ouvre à l’amour.

A la fin de ma première semaine, j’étais sous le charme de la Roumanie et des roumains.
A la suite de ce périple, je suis partie pour une semaine de repos au bord de la mer, plus exactement à Olimp à l’hôtel Belvédère –à l’époque Olimp, ses hôtels, ses jardins, tout était si bien entretenu, tout était fait pour accueillir les touristes dans les meilleures conditions : bars, restaurants, concerts sur la plage, boutiques…-

C’est vrai qu’en 15 ans cela a bien changé mais malheureusement pas dans le bon sens. Les nouveaux projets de rénovation d’Olimp me permettent encore d’espérer revoir cette station dans de plus beaux atours dans quelques années.

Juste avant d’arriver à mon hôtel à quelques mètres -1 km- j’ai senti un picotement dans la nuque et un irrésistible besoin de tourner la tète et là, du haut de mon bus, j’ai vu des ruines, des champs abandonnés, je me suis retournée vers ma compagne de bus et je lui ai dit ‘je crois que suis arrivée chez Moi’. Ma future vie sera ici.

Le lendemain, j’ai sauté dans un taxi pour me rendre sur les lieux, le chauffeur ne parlait ni anglais ni français et moi je ne savais que 3 mots de roumain : bonjour, mersi et varog.

J’ai fait des tonnes de gestes et nous voilà partis pour une longue, très longue recherche. Il m’a baladée de Olimp vers Neptun, puis Saturne… puis Mangalia et je m’énervais un peu, je ne reconnaissais rien, je n’étais pas là pour faire du tourisme, je voulais juste aller voir de plus prés l’objet de mes désirs. Je dis donc au chauffeur -toujours avec mes gestes, vous imaginez, comment on se sent bête quand on ne peut pas se faire comprendre…- retour à l’hôtel et, venant de Mangalia, il a tourné à droite vers Olimp et là voilà on passe devant « mes » ruines –comme vous voyez, j’étais déjà très possessive-. Je lui ai appuyé assez fermement sur l’épaule pour qu’il s’arrête et je l’ai obligé à rentrer. Il n’y avait personne, tout semblait abandonné. Je suis sortie du taxi, j’ai vu un pigeonnier et puis peu après des colombes au dessus de ma tête, des oies autour de moi –je n’aime pas trop les oies, elles sont certes excellentes gardiennes et peuvent être plus dangereuses que des chiens, rappelez-vous les Oies du Capitole, mais elles ne m’ont rien fait, en réalité je les aime mieux en cuisine, en foie gras ou au four, je vous donnerai un jour une très belle recette avec de l’oie-.

Et encore une fois j’ai eu ce sentiment d’être arrivée à mon nouveau port d’attache, j’étais comme apaisée après une longue quête.

Bien sûr, ceux qui me connaissent depuis longtemps savent parfaitement que ce n’est pas par hasard si je suis en Roumanie, ma décision de venir ici était mûrement réfléchie, même si je ne savais pas, à ce moment-là, que j’allais “atterrir” sur un champ de ruines-on aurait presque pu dire, à l’époque, une erreur d’aiguillage- moi, j’ai senti tout de suite que ce lieu-là, était Mon lieu et qu’il m’attendait, c’était mon destin, c’était le clos et, même plus, c’était déjà Mon clos des colombes.

C’était comme une rencontre avec celui ou celle dont on sait que c’est pour la vie.

Un coup de foudre qui te laisse les jambes tremblantes…

Et vous, vous rappelez votre first date ?

A suivre…

 

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1 comment

  1. Paul 11 août, 2017 at 18:19 Répondre

    Premier commentaire! Superbe photo, belle lecture. Toujours tres fiere de toi maman et de tout ce que tu realises au fil des jours! Te pup tare.

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