Je t’ai dans la peau, Y a rien à faire. *

Alors là vous m’avez scotchée, oui je savais que vous vouliez connaître le pourquoi du comment mais je ne pensais pas, après une si courte présence sur la planète blog, avoir autant de lecteurs et même sur FB la page concernant ma « première découverte » du clos a battu tous les records.
Je vous remercie de l’intérêt que vous portez et cela me donne encore plus envie de continuer…
Donc épisode 2
Je pense que vous serez d’accord avec moi, quand on aime on a besoin de sentir, le plus souvent possible, la présence de l’être aimé -surtout au début…- ce fut également mon cas pour le clos.
Je voulais absolument devenir propriétaire, mais pas dans l’esprit possession, non dans l’esprit « union » pour le meilleur et pour le pire, mais ce n’était pas à vendre. Première grosse déception…
Apres quelques semaines on me prévient –j’avais mes contacts- que c’est à vendre en ‘licitatie’ pour les français qui me lisent c’est comme une vente aux enchères mais sans bougie…
Pour les plus jeunes lecteurs, je vous précise qu’internet existait déjà ainsi que les téléphones mobiles, mais bon les informations fiables étaient quand même rares.
Je repars en Roumanie et à peine le pied posé dans l’aéroport, j’apprends que la vente est annulée.
Alors nouvelle grosse, grosse déception, non pas d’être venue pour rien, c’était déjà un plaisir de revenir dans ce pays qui allait devenir mon pays d’adoption, mais parce que j’avais cru que j’allais faire rentrer officiellement le clos dans ma vie. Ce n’était pas ma première déception ni la dernière, cependant je ne savais pas du tout à ce moment-là ce qui allait se passer.

Je pense sincèrement que l’amour est aveugle. Je l’ai appris il y a bien longtemps, mais tout comme en amour ce n’est pas toujours l’être aimé qui est responsable de l’échec, parfois ce sont les proches, l’entourage ou l’environnement qui contribuent largement à des déceptions ou dans le pire des cas des séparations. On en reparlera.
La cause de l’annulation était crédible et me fait encore aujourd’hui sourire, il y avait en effet toujours du personnel qui était, ou non payé, je n’ai jamais su, mais en tout cas il y avait deux caisses de retraite qui se battaient pour recevoir les arriérés de paiement. Résultat le tribunal devait décider qui et combien pour les caisses.
Donc je me dis si ce n’est pas ici, cela sera ailleurs et je pars en vadrouille : du sud au nord je regarde, je hume, je respire l’air mais rien ne se passe, c’est comme après une rupture, un vieux dicton français dit : « un de perdu et dix de retrouvés ». Personnellement avec mon expérience- j’ai quand même quelques années de plus que la majorité de mes lecteurs- je vous assure que c’est faux, il faut d’abord guérir et après oui, tout est possible, moi je ne voulais pas abandonner mon rêve d’amour.
Alors j’ai fait des kilomètres, je me suis arrêtée souvent, j’ai respiré l’air et à la fin de cette journée je savais qu’il n’y avait que lui mon Clos…
Avant de rentrer en France c’est donc avec le cœur un peu gros que je retourne au clos pour lui apporter mon soutien, lui dire de m’attendre que ce n’était qu’un rendez vous manqué et qu’il y en aurait d’autres.
J’ai fait une longue balade, j’ai fait des découvertes incroyables, j’ai vu des bâtiments partout… J’étais affolée il y en avait tellement et la plupart en ruines. Je ne les avais pas vus en été, j’étais aveugle –ah l’amour…- à moins que ce ne soit la faute aux herbes hautes.
Je quitte mon clos plus déterminée que jamais à attendre que la chance tourne dans le bon sens. J’étais déjà une personne fortement déterminée, par la suite je le suis devenue encore plus, même dure pour certains, rien ne fut facile, mais la vie est-elle facile ? Et la vie amoureuse est-elle facile ? Ne doit-on pas faire des concessions pour une harmonie pas toujours parfaite, mais au moins aussi bonne que possible.
Rien ne se fait sans l’autre et le clos m’a donnée, après, tellement de bonheur.
Donc je rentre en France, un peu penaude. Il faut quand même que je vous dise qu’à l’époque personne ne croyait en moi, en mes capacités à réussir ce que je voulais faire de mon clos, ni ma famille ni les rares roumains que je connaissais. La seule personne à m’avoir soutenue dès le début et qui continue à le faire c’est mon fils Paul et je le remercie souvent car il est, certes loin géographiquement, mais proche et de moi et du clos auquel il est très attaché. Il y a aussi une amie qui me soutenait de toutes ses forces et qui, malheureusement, a disparu avant de pouvoir se réjouir des résultats, merci Thérèse.
A ce moment-là je me dis que notre histoire d’amour ne peut pas se terminer comme cela, ce n’est juste pas possible, une petite voix intérieure me dit « c’est possible, espère et tu verras ».
Je me mets à y croire, certes je vis quelques mois de stress et d’attente mais enfin je réussis à acheter mon clos.
Certaines personnes me demandent combien j’ai payé, vous croyez que l’on se souvient de la note du restaurant du premier rendez vous, c’est la même chose pour moi ou nous, le clos et moi.
Des millions sûrement puisque on comptait encore en anciens lei, comme en France où, il y a très, très longtemps on comptait en anciens francs et avec des grosses piles de billets.
En France, il a fallu attendre le passage à l’euro pour qu’une certaine partie de la population ne parle plus en anciens francs, aujourd’hui certains parlent encore en nouveau franc alors que nous avons l’euro depuis une quinzaine d’années. ..
En Roumanie, c’est la même chose, après plus de dix ans de changement, il y a encore beaucoup de personnes qui parlent en millions de lei –anciens lei donc- c’est parfois très perturbant. Mais je sais que quand on passera à l’euro cela ira beaucoup plus vite qu’en France. En effet ici les gens sont très familiers avec la monnaie européenne sûrement parce que beaucoup de roumains travaillent en Europe.
Et c’est comme cela, qu’après de nombreuses péripéties, je suis enfin –l’impatience de l’amour fait que 6 ou 9 mois vous paraissent une éternité- une heureuse propriétaire.
C’était l’hiver 2002. J’arrive ici après une belle tempête de neige et un froid intense tout était gelé. Je ne reconnais pas mon amour, ce n’est pas mon clos, c’est blanc, c’est si diffèrent, mais si joli. Après un premier choc et une balade entraînée par le vent glacé si typique de chez nous, je me réapproprie mon amour, on refait connaissance, et là je me dis que je dois le connaitre à chaque saison.
Et c’est comme cela que je venais environ tous les 2 mois, pour maintenir la flamme car loin des yeux loin du cœur et si et si… on me volait tout et si on détruisait les quelques bâtiments encore debout, on se pose beaucoup de questions. Ma chance, un couple a continué à vivre sur le clos et à le protéger. Merci à eux.
On me demande souvent si je regrette. Non bien sûr. Mon seul regret serait que le tatouage n’ait pas été plus à la mode ou plus accessible, sinon je vous jure j’aurais inscrit avec plaisir sur une partie, certes cachée, de mon corps :
- comme cela
- ou bien
- ou encore comme cela
J’aime bien aussi comme cela

Et vous, vous avez un message d’amour tatoué sur un petit ou un grand morceau de votre corps, vous avez regretté ou pas ?
* Paroles Jacques Pills, musique Gilbert Bécaud et merveilleusement interprétée par Edith Piaf en 1952, et reprise par la suite par de nombreux interprètes dont la célèbre Patricia Kaas



























