Pour toi mon amour de viognier : de l’Or

Le viognier, peu de gens le connaissent. C’est vrai que ce cépage avait été oublié en France, sa mère patrie. Imaginez-vous dans les années 60 il n’y avait que quelques hectares dans sa région d’origine, Condrieu, et les fameux 3,5 ha du célèbre château-Grillet. Grâce à la pugnacité d’un propriétaire local le viognier est revenu sur le devant de la scène, Merci à vous Georges Vernay, vous nous avez quitté il y a quelques mois, mais votre nom sera toujours associé au viognier. Le domaine, dans les mains de Christine Vernay, sa fille, continue de nous en proposer un excellent.

Bien sûr aujourd’hui on en trouve un peu partout dans le monde, on dit même qu’il est devenu trendy, même s’il n’y a que 7000 hectares contrairement au chardonnay qui, lui, couvre un peu plus de 200 000 hectares.
Je vais essayer de vous raconter mon histoire d’amour avec ce merveilleux cépage.

Ma toute, toute première fois avec le viognier c’était en France à la table d’un joli restaurant dans le bas des Champs Elysées, plus près de Matignon que de l’Etoile. Un choc, une émotion, et comme disent nos amis canadiens je suis tombée en amour. Les années ont passé, nous avons continué à nous fréquenter de loin en loin. A la fin des années 90 la rencontre fut cette fois très physique, presque violente. Je venais de prendre la direction d’une winery à Atlanta. Le domaine en possédait quelques hectares. Et là, il fallut l’apprivoiser, le maîtriser. C’est à ce moment-là je crois que j’ai décidé que, lui et moi, on ne se quitterait plus. Il est fort et fragile, il veut du chaud, mais il n’aime pas la sécheresse, le vent il n’aime pas non plus, comme il n’aime pas avoir trop d’enfants-trop dur à nourrir ?- je dois éliminer un maximum de grappes, et en plus il n’est pas toujours évident à vinifier et il reste fragile en bouteilles, en un mot cette cohabitation-là est un challenge, et comme on ne réussit pas toujours à l’apprivoiser on pourrait dire qu’il est un peu prétentieux. C’est ça la vie à deux, non ?
A mon retour des US j’ai ouvert une cave à vins et c’est tout naturellement que je vantais et vendais du viognier surtout celui du domaine Vernay.

Et bien sûr quand je suis arrivée en Roumanie, c’était une évidence, je savais que, enfin, ma relation d’amour allait se concrétiser, je l’ai planté, je l’ai dorloté et enfin après de longues années d’attente, je l’ai vinifié et là maintenant il reçoit des récompenses…Les médailles certes, mais surtout le bonheur de mes clients quand je leur fais découvrir et le bonheur de sentir qu‘il est si apprécié.
Merci à toi mon viognier, capricieux certes tu l’es, mais ces 10 années passées à tes côtés ont consolidé notre amour : tes grappes ont la couleur de l’or, ton étiquette aussi et maintenant tu vas de nouveau arborer avec fierté ta médaille.

Et vous, vous connaissez le viognier ? Vous êtes aussi en amour ? Sinon vous pouvez le découvrir ici.